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Déployer le vendredi
« On ne déploie pas le vendredi. » La règle est tellement répandue qu’on ne la questionne plus. Pourtant elle ne dit rien sur le risque : elle dit seulement que le retour arrière est lent, ou incertain.
Ce que la règle avoue
Si livrer un vendredi fait peur, c’est que l’une de ces phrases est vraie :
- le retour arrière prend plus de quelques minutes ;
- personne ne sait avec certitude si la mise en production s’est bien passée ;
- il faut une personne précise, et elle n’est pas joignable.
Aucun de ces trois problèmes ne se règle en décalant au lundi. Ils se règlent en rendant le déploiement ennuyeux.
Rendre le déploiement ennuyeux
Trois propriétés suffisent, et elles sont toutes vérifiables :
- Réversibilité. Un retour à la version précédente doit être une commande, pas une procédure. Chronométrez-le une fois par mois.
- Observabilité. La question « est-ce que ça va bien ? » doit avoir une réponse à l’écran, pas dans l’intuition de quelqu’un.
- Indépendance. Si une seule personne peut livrer, vous n’avez pas une chaîne de déploiement, vous avez un rituel.
L’objection honnête
Il reste un cas où la règle du vendredi se défend : quand l’équipe d’astreinte est réduite en fin de semaine et que l’incident, même rare, a un coût humain réel. Là, ce n’est plus une question technique mais d’organisation, et il faut la traiter comme telle, au lieu de la déguiser en bonne pratique.